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Palais Longchamp - L'eau est la vie

Dernière mise à jour : 6 nov. 2018



La ville de Marseille, pour remédier au manque d'eau qui se manifestait de plus en plus avec le développement de l'agglomération durant les deux siècles précédents, construit au xixe siècle le canal de Marseille, pour dériver les eaux de la Durance. La loi du 4 juillet 1838 accorde à la ville une autorisation de dérivation de 5,75 m3 s−1. Le projet était d'autant plus urgent que Marseille avait subi au printemps/été 1834 une terrible sécheresse suivie en septembre de pluies diluviennes. Les inondations dues au débordement du Jarret et de l'Huveaune avaient provoqué 2 épidémies de choléra : 865 morts fin 1834 et 2576 morts en juillet 1835. Dès 1839, alors que les travaux du canal commencent à peine avec le percement de la galerie des Taillades, la municipalité envisage de construire à Marseille, sur le plateau Longchamp, un château d'eau pour célébrer l'arrivée des eaux de la Durance à l'achèvement du canal2. Le 15 novembre 1839 le duc d'Orléans à son retour d'Afrique pose la première pierre de l’ouvrage. Conscient de l'ampleur de la tâche, il dit dans son discours

Poser la première pierre n'est pas malaisé ; c'est la dernière qui est difficile.

Entre la décision de la construction du château d'eau et le commencement effectif des travaux, il s'écoula trente ans au cours desquels plusieurs projets furent présentés. Cette lenteur s'explique par la difficulté à mettre au point un programme de travaux qui recueille l'approbation du conseil municipal mais aussi et surtout par le coût élevé des dépenses à prévoir.


Le château d'eau

Le groupe central est, avec ses dix mètres de hauteur, une œuvre imposante de Jules Cavelier. Réalisé en pierre de Calissanne, il représente un char émergeant du château d'eau, tiré par quatre taureaux de Camargue semblant se diriger vers la ville. Sur ce char sont représentés trois personnages allégoriques féminins. La figure de la Durance, fièrement campée au centre, est drapée dans un péplum antique : torse nu, les hanches robustes, s'appuyant sur une rame, le pied posé sur une amphore renversée, tout révèle en elle la fécondité qu'elle apporte à la terre irriguée. D'une taille plus petite, les deux autres personnes situées de part et d’autre de la Durance qu'elles regardent avec reconnaissance, représentent le blé et la vigne ; elles peuvent être assimilées aux divinités Cérès et Pomone. Chacune de ces deux allégories est accompagnée d'un enfant joufflu placé en arrière, jouant l'un avec des gerbes de céréales, l'autre avec des grappes de raisin. Ce choix iconographique est paradoxal, l'arrivée de l'eau ayant fait à peu près disparaître ces deux cultures du terroir marseillais au profit du maraichage et de l'élevage.

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